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Zohra utilise deux techniques efficaces pour transmettre
son message d’espérance à travers ses toiles
: premièrement, elle cherche à rompre nos habitudes
dans le regard quotidien que l’on porte aux choses autour
de soi, habitudes tellement routinières qui font que l’on
finit par ne plus rien voir. Deuxièmement, elle nous incite
à regarder la toile dans son entièreté et immédiateté
plutôt que progressivement.
Afin de nous encourager à voir autrement la réalité
qui nous entoure, Zohra aborde les scènes de rue selon un
angle de vision inhabituel, gomme les repères dans l’espace,
efface les détails auxquels se raccrocher, bref ébranle
les évidences et s’attaque à la surface des
choses. Ce sont des tentatives sans cesse répétées
de révéler l’essence derrière les apparences,
d’abolir l’habit, l’habillage, qui dissimule l’essentiel.
Notre œil profane, confortablement habitué à
ne voir que le superficiel, est ainsi sollicité par la peinture
de Zohra, cette peinture sans concession qui force la réalité
à se mettre à nu, à se montrer telle quelle
: essentielle.
Ensuite, grâce à l’utilisation de l’uniformité
de ton, signature indiscutable de l’artiste, et à la
représentation volontairement distanciée des personnages
qui traversent ses toiles, foule d’anonymes aux visages sans
traits, drapés dans des vêtements aux coupes presque
abstraites à force d’être simplifiées,
et entraînés dans un mouvement dynamique, canalisés
dans un souffle, le peintre nous invite à embrasser d’un
seul regard toute la toile, plutôt qu’à être
attiré par tel ou tel détail : du coup, par ce procédé
de lissage, par l’élimination du détail, par
l’expansion libre du regard jusqu’aux frontières
de la toile, l’œuvre hypnotise le spectateur, qui la
saisit soudain dans sa globalité, et donc dans sa réalité.
Zohra est parvenue à ses fins, le regard que l’on porte
sur sa toile n’est plus fragmenté dans le temps et
l’espace, mais total et immédiat. L’œil
a capté un instant de vie. Cette vie est porteuse d’espérance,
Zohra a réussi son pari.
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